L’orientation éclairée
Un adolescent de quatorze ans choisit aujourd’hui son avenir dans le brouillard.
L’essentiel
L’orientation devient un service public de plein exercice, continu du collège à l’enseignement supérieur, avec un accompagnement renforcé et régulier fondé sur des données publiques et transparentes : insertion réelle, salaires, besoins par territoire, exposition à l’automatisation. Le tuteur IA y contribue mais la décision reste humaine, accompagnée par des conseillers formés et en nombre, et les rencontres avec les métiers deviennent systématiques.
Le constat
Entre le collège et le lycée, l’orientation se décide trop souvent en quelques minutes d’entretien, sur la foi de représentations datées, sans que personne ne montre à l’élève la réalité des métiers ni celle des débouchés. Le résultat est connu : des filières saturées où l’on entasse les espoirs, des secteurs entiers qui recrutent sans trouver personne, et des années perdues à se réorienter. Cette loterie sociale frappe d’abord ceux dont les familles ne connaissent pas les codes.
Ce que nous ferons
-
Un service public de l’orientation
Faire de l’orientation un service public de plein exercice, continu du collège à l’enseignement supérieur, avec pour chaque élève un accompagnement renforcé et régulier.
-
Des données publiques en langage clair
Fonder l’accompagnement sur des données publiques et transparentes : taux d’insertion réels, salaires constatés, besoins prévisionnels par territoire et par filière, exposition des métiers à l’automatisation. Ces données dorment dans les statistiques publiques ; les mettre dans les mains des élèves, des familles et des professeurs.
-
Le tuteur IA au service d’une décision humaine
Mobiliser le tuteur IA personnel pour éclairer l’orientation par la connaissance fine du parcours de chaque élève, la décision restant humaine, accompagnée par des conseillers formés et en nombre.
-
Des rencontres systématiques avec les métiers
Rendre systématiques les stages diversifiés, immersions et témoignages de professionnels dans les classes.
-
La découverte des filières techniques et scientifiques pour tous
Ouvrir la découverte des filières techniques et scientifiques à tous, et d’abord aux filles et aux élèves des quartiers et des campagnes, que l’autocensure prive encore de trop d’avenirs.
Les garanties
- Éclairer n’est pas assigner : il ne s’agit pas d’enfermer un enfant à quatorze ans dans une trajectoire au nom des besoins de l’économie, mais d’ouvrir le champ des possibles en le rendant visible.
- La décision d’orientation restera humaine, accompagnée par des conseillers formés et en nombre.
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Coût
Environ 400 millions d’euros déjà consacrés à l’orientation scolaire
Dans son rapport public annuel 2025, la Cour des comptes évalue à environ 400 millions d’euros et 8 000 équivalents temps plein les moyens publics consacrés à la politique d’orientation au collège et au lycée. Elle relève pourtant qu’un tiers des collégiens et un quart des lycéens regrettent un manque de conseils personnalisés sur leurs choix.
Source : Cour des comptes, « L’orientation au collège et au lycée, rapport public annuel 2025 », 2025
- Gain attendu
Un décrocheur coûte 220 000 à 230 000 euros à la collectivité
Le ministère de l’Éducation nationale estime le coût d’un décrocheur, sur l’ensemble de sa vie, entre 220 000 et 230 000 euros pour les finances publiques, un chiffre repris par l’avis budgétaire du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2016. Une orientation mieux accompagnée, qui prévient les erreurs de parcours et le décrochage, représente donc un gain potentiel considérable.
Source : Sénat, « Avis sur le projet de loi de finances pour 2016 : Enseignement scolaire », 2015
- Gain attendu
Près de 800 000 postes à pourvoir chaque année d’ici 2030
Selon l’exercice de prospective « Les métiers en 2030 » de France Stratégie et de la Dares, près de 800 000 postes seraient à pourvoir chaque année en France d’ici 2030, dont près de 90 % du fait des départs en fin de carrière. Mettre les données de débouchés par métier et par territoire entre les mains des élèves aiderait à diriger les vocations vers ces besoins réels.
Le hasard de la naissance ne doit plus décider de l’orientation ; l’information, l’accompagnement et le goût doivent le faire.
Le texte du manifeste
Mesure 23 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
Un adolescent de quatorze ans choisit aujourd’hui son avenir dans le brouillard. L’orientation, entre le collège et le lycée, se décide trop souvent en quelques minutes d’entretien, sur la foi de représentations datées, sans que personne ne montre à l’élève ni la réalité des métiers, ni celle des débouchés. Le résultat est connu : des filières saturées où l’on entasse les espoirs, des secteurs entiers qui recrutent sans trouver personne, et des années perdues à se réorienter. Cette loterie sociale frappe d’abord ceux dont les familles ne connaissent pas les codes.
Nous ferons de l’orientation un service public de plein exercice, continu du collège à l’enseignement supérieur. Chaque élève bénéficiera d’un accompagnement renforcé et régulier, fondé sur des données publiques et transparentes : taux d’insertion réels, salaires constatés, besoins prévisionnels par territoire et par filière, exposition des métiers à l’automatisation (mesure 21). Ces données existent ; elles dorment dans les statistiques publiques. Nous les mettrons dans les mains des élèves, des familles et des professeurs, en langage clair.
Le tuteur IA personnel (mesure 6) y contribuera, en éclairant l’orientation par la connaissance fine du parcours de chaque élève ; mais la décision restera humaine, accompagnée par des conseillers formés et en nombre. Les rencontres avec les métiers deviendront systématiques : stages diversifiés, immersions, témoignages de professionnels dans les classes, découverte des filières techniques et scientifiques pour tous, et d’abord pour les filles et les élèves des quartiers et des campagnes, que l’autocensure prive encore de trop d’avenirs.
Un principe encadre le tout : éclairer n’est pas assigner. Il ne s’agit pas d’enfermer un enfant à quatorze ans dans une trajectoire au nom des besoins de l’économie, mais de faire l’inverse de ce que produit le système actuel : ouvrir le champ des possibles en le rendant visible, et pousser chacun vers les secteurs qui offrent un avenir, en connaissance de cause. Le hasard de la naissance ne doit plus décider de l’orientation ; l’information, l’accompagnement et le goût doivent le faire.