Des idées pour la présidentielle de 2027

Une République technoprogressiste

Mettre les technologies les plus avancées au service de l’autonomie des citoyens, de la prospérité collective et de la préservation de la planète. Ni féodalités numériques, ni écologie du renoncement : une troisième voie.

Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel.
Jean Jaurès, discours à la jeunesse d’Albi, 1903
Cité solarpunk au lever du soleil Illustration d’une ville verte et lumineuse : un grand soleil se lève sur des collines plantées d’éoliennes, des immeubles aux toits solaires et végétalisés, une serre en arche et une prairie fleurie.

Le constat

Trois transformations simultanées

Le XXIᵉ siècle nous confronte à trois défis qui n’attendent pas.

Une révolution de l’intelligence

L’irruption de machines capables de comprendre et de produire le langage, le raisonnement, le code et bientôt la découverte scientifique elle-même.

Une urgence écologique

Elle n’est plus un horizon mais un présent, mesurable en canicules, en sécheresses et en récoltes perdues.

Une démocratie fragilisée

Nos institutions, conçues pour un monde de papier et de guichets, épuisent la patience des citoyens ; partout dans le monde, la démocratie recule et la confiance dans le système démocratique s’érode.

Notre réponse

Deux impasses, une troisième voie

Deux visions se partagent le débat. Toutes deux conduisent, par des chemins opposés, à la même servitude.

Le laisser-faire technologique

S’en remettre au marché, c’est laisser une poignée de grandes sociétés posséder les outils de l’intelligence, et faire de tous les autres leurs locataires. Nous refusons les féodalités numériques.

L'écologie du renoncement

Ralentir, restreindre, renoncer : la rareté choisie finit toujours par recréer la hiérarchie, la dépendance et la rente. On ne protège pas les faibles en abandonnant aux puissants le monopole des outils puissants.

La troisième voie

La technique n’est ni bonne ni mauvaise, et elle n’est pas neutre non plus. Elle est un pharmakon : remède et poison à la fois, selon la main qui la tient. La question n’est pas d’être « pour » ou « contre » la technologie : c’est de savoir qui la gouverne, qui en fixe les règles, et à qui en reviennent les fruits.

Comprendre notre projet

La boussole

Six principes fondateurs

Ils ne sont pas des slogans : ils sont les critères à l’aune desquels chacune de nos mesures doit pouvoir être jugée.

Le progrès scientifique est un bien commun

La connaissance est le seul bien qui s’accroît lorsqu’on le partage : une idée donnée n’est pas une idée perdue. L’innovation n’est pas le problème ; le problème est la répartition de ses fruits.

La technologie doit renforcer les citoyens, non les surveiller

Un habeas corpus numérique : les données appartiennent aux citoyens ; tout algorithme public est explicable et auditable ; tout logiciel financé par l’impôt est ouvert ; tout accès à une donnée personnelle laisse une trace.

L’écologie est un projet d’innovation

Une civilisation ne se décarbone pas à la bonne volonté : elle se décarbone par ses infrastructures. Produire autrement plutôt que produire moins. Notre horizon a un nom : l’abondance décarbonée.

L’intelligence artificielle est une infrastructure publique

Comme l’eau, l’électricité ou Internet, l’IA doit devenir un service accessible à tous : à l’élève de Guéret comme au chercheur de Saclay, à l’artisan comme à l’hôpital. L’intelligence ne doit pas devenir un luxe.

Le temps libéré par l’automatisation appartient à tous

Chaque heure que la machine libère est une richesse collective, dont l’affectation (salaire, repos, formation, création ou soin) doit être un choix démocratique, non un fait accompli.

L’État doit devenir une plateforme

Un État qui outille : qui construit une fois ce qui servira partout, et qui partage ses logiciels comme il partage ses routes. Ce que l’État sait déjà, il ne le redemande plus ; ce qu’il a déjà payé, il ne le rachète plus.

Explorer les six principes

De l’idéal au réel

Une méthode, pas une prière

Un manifeste qui n’annonce que des fins n’est qu’une prière. Le nôtre s’astreint à quatre engagements, valables pour chaque mesure.

  1. 1. Expérimenter avant de généraliser

    Tout dispositif nouveau naîtra dans des territoires pilotes, sera évalué par des instances scientifiques indépendantes selon des critères publiés à l’avance, puis étendu, corrigé ou abandonné selon les résultats.

  2. 2. Financer dans la durée

    Des lois de programmation pluriannuelles votées par le Parlement, parce qu’une infrastructure ne se construit pas au rythme des exercices budgétaires.

  3. 3. Garantir la réversibilité

    Tout système numérique public : code ouvert, données exportables, aucune capture par un fournisseur.

  4. 4. Jamais de guichet obligatoire

    Pour chaque démarche, une alternative humaine, au téléphone, au guichet ou à domicile, restera garantie par la loi. La dématérialisation qui exclut n’est pas une modernisation, c’est une désertion.

Repères chiffrés du manifeste

23 mesures

Un chantier concret, du Compte Citoyen Numérique à l’orientation éclairée.

46 Mt hydrogène blanc

Le gisement lorrain, potentiellement le plus grand connu au monde, se renouvelle en continu (CNRS).

5 minutes

Le temps maximal que devra exiger toute démarche administrative courante.

34 % de non-recours au RSA

Plus d’un tiers des ayants droit n’y recourent pas : les droits seront versés automatiquement (DREES).

Le chantier

23 mesures, 9 chantiers

Du Compte Citoyen Numérique à la réindustrialisation : un programme concret, expérimenté, évalué - et dont les grandes réformes seront soumises au vote des Français.

Voir les 23 mesures en détail

Une nouvelle philosophie du progrès

La vertu ne doit pas exiger l’héroïsme

Le progrès n’est pas une pente que l’histoire descendrait toute seule. C’est une œuvre : fragile, réversible, exigeante.

La vertu ne doit pas exiger l’héroïsme. Le rôle des institutions est précisément de rendre le bien facile : simple, peu coûteux, désirable.

L’école de la République a rendu l’instruction ordinaire ; la Sécurité sociale a rendu le soin ordinaire ; le réseau électrique a rendu la lumière ordinaire. Nous voulons rendre ordinaires l’intelligence partagée, l’énergie propre, l’administration sans peine et le temps choisi.

Nous ne promettons pas le paradis. Nous ouvrons un chantier. L’avenir ne se prédit pas : il se bâtit. Bâtissons.