L’agriculture de précision
Ne pas remplacer le paysan, mais l’augmenter : la bonne dose, au bon endroit, au bon moment.
L’essentiel
La mesure met les outils de l’agriculture de précision au service des paysans : capteurs, irrigation pilotée, pulvérisation ciblée, robots de désherbage, imagerie satellite et sélection variétale. Les données agricoles seront organisées en coopératives dont l’agriculteur reste propriétaire, le conseil agronomique découplé de la vente d’intrants, l’équipement et la formation soutenus. L’objectif : moins d’eau, d’intrants et de charges, plus de rendement, de résilience et de marge.
Le constat
On demande aujourd’hui l’impossible à l’agriculteur : produire plus, plus propre, moins cher, sous un climat qui se dérègle. La précision est la seule sortie par le haut de cette triple injonction. La France accuse par ailleurs un retard considérable sur ses voisins méditerranéens en matière de réutilisation des eaux usées traitées.
Ce que nous ferons
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Déployer le champ intelligent
Mailler les territoires de capteurs de sol et de stations météo, et piloter l’irrigation au plus près du besoin de la plante, complétée par la réutilisation des eaux usées traitées.
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Réduire drastiquement les herbicides
Généraliser la pulvérisation ciblée qui détecte l’adventice avant de traiter, et soutenir par la commande publique les robots de désherbage mécanique, domaine où nos entreprises sont pionnières.
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Anticiper maladies et sécheresse
Mobiliser l’imagerie satellite et les drones pour repérer maladies et stress hydrique avant l’œil nu, et accélérer la sélection variétale pour des cultures qui résistent à la sécheresse.
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Créer des coopératives de données
Organiser les données agricoles en coopératives : l’agriculteur en reste propriétaire et les mutualise à son profit, pour l’assurance, le conseil ou la recherche.
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Découpler conseil et vente d’intrants
Séparer le conseil agronomique de la vente d’intrants, car nul ne doit être conseillé par celui qui lui vend le produit.
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Financer l’équipement et la formation
Soutenir l’équipement par prêts bonifiés et suramortissement, et confier la formation aux lycées agricoles et à l’enseignement supérieur.
Les garanties
- L’agriculteur reste propriétaire de ses données agricoles et les mutualise à son profit.
- Nul équipementier ne capte les données agricoles en échange d’un tracteur.
- Le conseil agronomique sera découplé de la vente d’intrants, car nul ne doit être conseillé par celui qui lui vend le produit.
- Il ne s’agit pas de remplacer le paysan, mais de l’augmenter.
Objectif mesurable
Un résultat lisible dans les deux colonnes du compte d’exploitation : moins d’eau, moins d’intrants et moins de charges d’un côté ; plus de rendement, plus de résilience et plus de marge de l’autre.
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Gain attendu
Eaux usées traitées : moins de 1 % réutilisé en France, 8 % en Italie
Selon le rapport d’information du Sénat « Éviter la panne sèche », la France réutilise moins de 1 % du volume de ses eaux usées traitées, contre 8 % en Italie et 14 % en Espagne. Ce comparatif documente le retard français évoqué par la mesure et l’ampleur du gisement encore inexploité.
Source : Sénat, « Éviter la panne sèche : huit questions sur l’avenir de l’eau », 2023
- Gain attendu
Plan Eau : multiplier par dix les volumes d’eaux usées réutilisés d’ici 2030
Le Plan Eau présenté par le Gouvernement en mars 2023 vise 1 000 projets de réutilisation des eaux usées traitées d’ici 2027 et une multiplication par dix des volumes réutilisés d’ici 2030, dans le cadre d’un objectif global de 10 % d’économies d’eau d’ici 2030.
- Financement
France 2030 : 400 millions d’euros pour les agroéquipements innovants
Le dispositif « Équipements pour la 3e révolution agricole » de France 2030 est doté de 400 millions d’euros, dont 100 millions fléchés vers la filière fruits et légumes, selon le ministère de l’Agriculture. Il s’inscrit dans une enveloppe France 2030 de plus de 2,3 milliards d’euros consacrée aux transitions agricoles et alimentaires.
- Financement
Écophyto 2030 : 250 millions d’euros pour les alternatives aux pesticides
La stratégie Écophyto 2030, publiée en mai 2024, dote le plan PARSADA de moyens présentés comme inédits, soit 250 millions d’euros pour la recherche d’alternatives aux produits phytosanitaires et la massification des transitions. Le Gouvernement indique par ailleurs que 250 millions d’euros issus de la planification écologique sont déployés en 2024, dont 146 millions pour les plans d’action des filières.
Nous voulons une écologie qui enrichit celui qui la pratique.
Le texte du manifeste
Mesure 15 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
La plus ancienne des activités humaines rencontre la plus récente des sciences. Il ne s’agit pas de remplacer le paysan : il s’agit de l’augmenter. Car on lui demande aujourd’hui l’impossible : produire plus, plus propre, moins cher, sous un climat qui se dérègle. La précision est la seule sortie par le haut de cette triple injonction : mettre la bonne dose, au bon endroit, au bon moment, et rien de plus.
Nous déploierons les outils du champ intelligent : capteurs de sol et stations météo maillant les territoires ; irrigation pilotée au plus près du besoin de la plante, complétée par la réutilisation des eaux usées traitées, où la France accuse un retard considérable sur ses voisins méditerranéens ; pulvérisation ciblée détectant l’adventice avant de traiter, qui réduit drastiquement les herbicides ; robots de désherbage mécanique, un domaine où nos entreprises sont pionnières et méritent la commande qui les fera champions ; imagerie satellite et drones pour repérer maladies et stress hydrique avant l’œil nu ; sélection variétale accélérée pour des cultures qui résistent à la sécheresse.
Les données agricoles seront organisées en coopératives de données : l’agriculteur en reste propriétaire, les mutualise à son profit, pour l’assurance, le conseil ou la recherche, et nul équipementier ne les capte en échange d’un tracteur. Le conseil agronomique sera découplé de la vente d’intrants, car nul ne doit être conseillé par celui qui lui vend le produit. L’équipement sera soutenu par prêts bonifiés et suramortissement, la formation portée par les lycées agricoles et l’enseignement supérieur.
Le résultat attendu se lit dans les deux colonnes du compte d’exploitation : moins d’eau, moins d’intrants et moins de charges d’un côté ; plus de rendement, plus de résilience et plus de marge de l’autre. Nous voulons une écologie qui enrichit celui qui la pratique.