La démocratie continue
Voter tous les cinq ans, ce n’est pas gouverner : c’est choisir qui gouverne.
L’essentiel
La mesure institue une démocratie qui ne s’interrompt pas entre deux élections : plateforme publique de participation, journées nationales de votation décisionnelles sur le modèle suisse et conventions citoyennes avant chaque grande transformation technologique. Toute consultation obéit à une règle d’or de redevabilité, et les grandes réformes du manifeste seront elles-mêmes soumises au pays par convention citoyenne puis référendum.
Le constat
Voter tous les cinq ans, ce n’est pas gouverner : c’est choisir qui gouverne. La défiance qui ronge nos démocraties se nourrit de cette intermittence de la souveraineté. La Convention citoyenne pour le climat a pourtant démontré que des citoyens tirés au sort, correctement informés et accompagnés, délibèrent avec un sérieux comparable à celui des assemblées élues.
Ce que nous ferons
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Plateforme publique de participation
Créer une plateforme fondée sur des logiciels libres éprouvés par des dizaines de villes dans le monde, offrant consultations, pétitions et budgets participatifs. Toute pétition franchissant un seuil de signatures vérifiées recevra une réponse motivée du Gouvernement et donnera lieu à un débat parlementaire.
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Journées nationales de votation
Organiser chaque année, sur le modèle des votations suisses, des journées regroupant plusieurs questions clairement posées, chacune précédée d’un débat contradictoire et d’un livret d’information neutre. Dans le champ ouvert par la Constitution révisée, ces votes seront décisionnels, et les collectivités disposeront du même outil pour les choix locaux.
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Conventions citoyennes technologiques
Réunir une convention citoyenne tirée au sort avant chaque grande transformation technologique ; la première portera sur l’intelligence artificielle elle-même.
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Référendum d’initiative partagée praticable
Rendre praticable le référendum d’initiative partagée, aujourd’hui verrouillé par des seuils inatteignables.
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Budgets participatifs locaux
Consacrer une part dédiée des budgets d’investissement locaux aux budgets participatifs.
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Transparence de la décision publique
Publier les décisions publiques en données ouvertes et renforcer le registre des représentants d’intérêts.
Les garanties
- Toute pétition franchissant un seuil de signatures vérifiées recevra une réponse motivée du Gouvernement et donnera lieu à un débat parlementaire.
- Toute consultation s’ouvrira sur un engagement explicite quant à l’usage de ses résultats et se clora par une réponse argumentée, point par point.
- Chaque question soumise à votation sera précédée d’un débat contradictoire organisé et d’un livret d’information neutre exposant loyalement les arguments et les coûts.
- Les grandes réformes du manifeste, dont le Compte Citoyen Numérique et le revenu universel, seront soumises au pays par convention citoyenne puis par référendum.
- Pour les scrutins décisionnels, l’urne, le bulletin et l’isoloir resteront la norme tant que la cryptographie ne garantira pas la vérifiabilité de bout en bout et le secret absolu du vote.
- Les garanties du vote en ligne devront être validées par la communauté scientifique et l’ANSSI, non par le marketing des prestataires.
Objectif mesurable
Organiser chaque année des journées nationales de votation regroupant plusieurs questions clairement posées.
Coûts, financements, gains attendus
Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.
- Coût
Convention citoyenne pour le climat : 6,3 millions d’euros
Selon le rapport budgétaire du Sénat, la Convention citoyenne pour le climat (150 citoyens tirés au sort) a coûté 5,2 millions d’euros, portés à 6,3 millions en intégrant les moyens humains et matériels mis à disposition par le CESE, contre 4,2 millions initialement prévus. Ce montant couvre le tirage au sort, les transports et hébergements, l’animation et la plateforme numérique de travail collaboratif.
Source : Sénat, « Rapport sur le projet de loi de finances pour 2021 : Conseil et contrôle de l’État », 2020
- Coût
Un scrutin national coûte environ 4,70 € par électeur inscrit
D’après les documents de performance du programme budgétaire 232 « Vie politique » du ministère de l’Intérieur, l’organisation de l’élection présidentielle de 2022 a coûté en moyenne 4,70 € par électeur inscrit (4,86 € en incluant les transferts au ministère des Affaires étrangères), et celle des élections législatives 3,23 €. Ces montants donnent l’ordre de grandeur du coût d’organisation d’une journée nationale de votation.
- Financement
Budgets participatifs : 6,50 € par habitant en moyenne en 2022
Selon la Banque des Territoires, environ 400 communes françaises étaient engagées dans un budget participatif en 2022, ouvrant ce droit à 12 millions de Français, pour un montant moyen de 6,50 € par habitant, stable depuis 2019 ; Paris fait figure d’exception avec près de 35 € par habitant. Ces enveloppes sont prélevées sur les budgets d’investissement existants des collectivités, ce qui correspond au mécanisme de financement proposé par la mesure.
En démocratie, la confiance ne se demande pas : elle se prouve.
Le texte du manifeste
Mesure 11 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.
Voter tous les cinq ans, ce n’est pas gouverner : c’est choisir qui gouverne. Rousseau déjà avertissait qu’un peuple qui ne s’assemble plus n’est libre qu’un jour de temps en temps. La souveraineté ne s’use que lorsqu’on ne s’en sert pas ; et la défiance qui ronge nos démocraties se nourrit précisément de cette intermittence. La Convention citoyenne pour le climat a pourtant démontré une chose que beaucoup refusaient de croire : des citoyens tirés au sort, correctement informés et accompagnés, délibèrent avec un sérieux qui n’a rien à envier aux assemblées élues.
Nous créerons une plateforme publique de participation, fondée sur des logiciels libres éprouvés par des dizaines de villes dans le monde, offrant consultations, pétitions et budgets participatifs. Sa règle d’or sera la redevabilité, car la consultation sans effet est la plus sûre machine à fabriquer du cynisme : toute pétition franchissant un seuil de signatures vérifiées recevra une réponse motivée du Gouvernement et donnera lieu à un débat parlementaire ; toute consultation s’ouvrira sur un engagement explicite quant à l’usage de ses résultats, et se clora par une réponse argumentée, point par point.
Surtout, nous voulons que les Français votent sur des choses, et pas seulement pour des personnes. Sur le modèle des votations suisses, la République organisera chaque année des journées nationales de votation, regroupant plusieurs questions clairement posées : chacune sera précédée d’un débat contradictoire organisé et d’un livret d’information neutre, exposant loyalement les arguments et les coûts. Dans le champ que la Constitution révisée leur ouvrira, ces votes seront décisionnels, et non consultatifs. Les collectivités disposeront du même outil pour les choix locaux : un équipement, un plan de circulation, l’affectation d’un budget. Et nous prenons un engagement de cohérence : les grandes réformes de ce manifeste, à commencer par le Compte Citoyen Numérique et le revenu universel, seront elles-mêmes soumises au pays, par convention citoyenne puis par référendum. Nous ne bâtirons pas sans l’accord explicite des Français.
Avant chaque grande transformation technologique, une convention citoyenne tirée au sort sera réunie : la première portera sur l’intelligence artificielle elle-même, car il serait singulier de transformer le pays par l’IA sans demander au pays ce qu’il veut faire de l’IA. Le référendum d’initiative partagée, aujourd’hui verrouillé par des seuils inatteignables, sera rendu praticable. Une part dédiée des budgets d’investissement locaux ira aux budgets participatifs. La transparence complètera l’édifice : décisions publiques en données ouvertes, registre des représentants d’intérêts renforcé.
Et nous devons aux Français une honnêteté sur le vote en ligne : pour les scrutins décisionnels, l’urne, le bulletin et l’isoloir resteront la norme tant que la cryptographie ne garantira pas, ensemble, la vérifiabilité de bout en bout et le secret absolu du vote, garanties validées par la communauté scientifique et l’ANSSI, non par le marketing des prestataires. En démocratie, la confiance ne se demande pas : elle se prouve. Consulter en ligne, oui ; élire en ligne, pas avant que la preuve soit faite.