Chapitre III · L’éducation

Le tuteur IA personnel

Pour la première fois de l’histoire, chaque enfant peut avoir son précepteur.

L’essentiel

Chaque élève, de l’école primaire à la fin des études, disposera d’un tuteur numérique personnel bâti sur une base souveraine : modèle public, code ouvert, hébergement en France. L’outil personnalise le rythme et les exercices, détecte précocement les difficultés et éclaire l’orientation, sous la maîtrise constante de l’enseignant.

Le constat

Le tutorat individuel fait progresser un élève d’environ deux écarts-types, comme l’a mesuré Benjamin Bloom dès 1984 : l’équivalent de passer du milieu de classe aux tout premiers rangs. L’obstacle n’a jamais été pédagogique mais économique, aucune société ne pouvant offrir un précepteur par enfant. Cette impossibilité tombe pour la première fois de l’histoire humaine.

Ce que nous ferons

  1. Un tuteur par élève

    Doter chaque élève d’un tuteur numérique personnel, de l’école primaire à la fin des études, en prolongeant et généralisant les expérimentations déjà engagées dans les classes.

  2. Une base souveraine

    Construire le tuteur sur un modèle public, en code ouvert et hébergé en France.

  3. Personnaliser les apprentissages

    Adapter le rythme et les exercices à chaque enfant, reprendre sans lassitude les notions mal comprises, détecter précocement les difficultés pour alerter l’équipe pédagogique, éclairer l’orientation et s’ajuster aux besoins des élèves en situation de handicap.

  4. L’enseignant maître d’œuvre

    Laisser à l’enseignant le paramétrage de l’outil, la consultation du tableau de bord et les décisions pédagogiques, et associer les professeurs à la conception même du système.

  5. Former massivement les professeurs

    Accompagner le déploiement d’un plan massif de formation continue des enseignants.

  6. Évaluer avant d’étendre

    Conditionner chaque extension du dispositif à une évaluation scientifique indépendante, publiée, comparant les classes équipées aux autres.

Les garanties

  • Les données des élèves ne quitteront pas le territoire, ne nourriront aucun profilage commercial et ne serviront à aucune autre fin que pédagogique, sous peine de sanctions pénales.
  • L’IA corrigera des exercices mais ne notera jamais des enfants, ne les classera jamais et ne les orientera jamais seule.
  • L’enseignant restera le maître d’œuvre : il paramètre l’outil, consulte le tableau de bord et décide de la pédagogie.
  • La réussite du tuteur se mesurera à sa capacité à rendre l’élève capable de s’en passer.
  • Toute extension du dispositif sera conditionnée à une évaluation scientifique indépendante et publiée.
  • Le système reposera sur une base souveraine : modèle public, code ouvert, hébergement en France.

Coûts, financements, gains attendus

Ordres de grandeur tirés de publications d’organismes publics, cités pour éclairer le débat : ils ne constituent pas un chiffrage budgétaire officiel de la mesure.

Les princes eurent des précepteurs ; les autres eurent la chance, ou son absence.
Manifeste pour une République technoprogressiste

Le texte du manifeste

Mesure 6 du manifeste pour une République technoprogressiste, reproduite intégralement.

Les princes eurent des précepteurs ; les autres eurent la chance, ou son absence. Dès 1984, le pédagogue Benjamin Bloom l’avait mesuré : un élève accompagné en tutorat individuel progresse d’environ deux écarts-types, soit l’équivalent de passer du milieu de classe aux tout premiers rangs. Le problème n’a jamais été pédagogique ; il était économique : nulle société ne pouvait offrir un précepteur par enfant. Pour la première fois de l’histoire humaine, cette impossibilité tombe.

Chaque élève disposera donc d’un tuteur numérique personnel, de l’école primaire à la fin des études, prolongeant et généralisant les expérimentations déjà engagées dans nos classes, mais sur une base souveraine : modèle public, code ouvert, hébergement en France. Il adaptera le rythme et les exercices à chaque enfant, reprendra sans lassitude la notion mal comprise, détectera précocement les difficultés (troubles de l’apprentissage, décrochage naissant) pour alerter l’équipe pédagogique, éclairera l’orientation par la connaissance fine du parcours, et s’ajustera aux besoins des élèves en situation de handicap, pour qui la personnalisation n’est pas un confort mais une condition d’accès au savoir.

Que l’on nous entende bien : l’école n’est pas une machine à transmettre des contenus, elle est l’institution du commun, le lieu où une génération apprend à vivre, à débattre et à faire société. Rien de cela ne se délègue. L’enseignant restera le maître d’œuvre : c’est lui qui paramètre l’outil, consulte le tableau de bord, décide de la pédagogie ; les professeurs seront associés à la conception même du système, et un plan massif de formation continue accompagnera son déploiement. L’IA corrigera des exercices ; elle ne notera jamais des enfants, ne les classera jamais, ne les orientera jamais seule.

Les données des élèves ne quitteront pas le territoire, ne nourriront aucun profilage commercial, ne serviront à aucune autre fin que pédagogique, sous peine de sanctions pénales. Et nous fixons au tuteur un principe cardinal, qui le distingue de tout produit de marché : sa réussite se mesurera à sa capacité à rendre l’élève capable de s’en passer. *Sapere aude*, « ose te servir de ton propre entendement » : la devise des Lumières reste la nôtre à l’ère des machines qui répondent. Chaque extension du dispositif sera conditionnée à une évaluation scientifique indépendante, publiée, comparant les classes équipées aux autres.